RDC Les défaites des FARDC imposent la reprise d’urgence des Consultations de Nairobi

Il s’appelle Mushagalusa le colonel des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) tué ce matin par ses subalternes qui l’accusaient de complicité avec le Mouvement du 23 mars (M23). Les faits se sont déroulés vers 10h00 au Nord-Kivu (province orientale de la RDC), après le nouveau revers subi par l’armée régulière face aux troupes de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), branche militaire du M23.

Démarrées à partir de 05h00 près des localités de Kingarame et Izuru dans le groupement de la commune rurale de Kibumba, les hostilités ont abouti au repli du 3408ème régiment FARDC qui était installé dans la cité. Il se trouverait à l’heure actuelle dans le village de Rufanga, selon le témoignage de Boniface Kyechire, bourgmestre de Kibumba. En même temps et selon d’autres informations venant de nos sources sur place, les unités FARDC établies dans la base militaire de Rumangabo seraient en train de quitter les lieux par peur d’une attaque de l’ARC.

L’élément nouveau qui s’est imposé depuis ces deux derniers jours de combats est l’ouverture de cette nouvelle ligne de front à Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo, située à 20 kilomètres à peine à nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu que le M23 avait occupé pendant quelques jours en novembre 2012, lors de la guerre de 2012-2013. Toutefois, confie à Maelezo Kongo un observateur proche du dossier qui a préféré garder l’anonymat, « les hommes du général Sultani Makenga n’auraient aucune intention, au moins pour le moment, d’entrer dans la cité gomatracienne. Se disant harcelés par les FARDC, leurs dernières percées auraient par but que de déplacer plus à sud les positions loyalistes pour sécuriser leurs bases et prévenir d’autres attaques ».   

A l’heure où nous écrivons, les militaires de l’ARC ont progressé jusqu’à Kibati, où les FARDC avaient annoncé, vers 09h00, un « repli stratégique ». Puis, après quelques échanges de tirs, les loyalistes ont été délogés de la cité par l’ARC.

Le Rwanda comme bouc-émissaire

In difficulté sur le plan militaire suite à une offensive qu’elles auraient pu éviter de déclencher, vu que des négociations sont en cours à Nairobi (Kenya) entre le gouvernement et le M23, les FARDC mobilisent comme d’habitude leurs relais dans la presse et la société civile pour réactiver la narration selon laquelle l’armée de Kinshasa en réalité,  ne serait pas en train de se battre avec le M23, mais aurait en face les troupes de Kigali. Hier, un communiqué de la société civile du Nord-Kivu avait ainsi dénoncé « le camouflage des militaires rwandais parmi les rebelles du M23 ». Des accusations auxquelles le Rwanda n’a pas, pour le moment, décidé de répondre.

Ces derniers faits d’armes près de la ville de Goma donnent une ampleur majeure aux combats et leurs proportions commencent à inquiéter la dite ‘communauté internationale’ et les acteurs nationaux.

En début d’après-midi de ce mercredi 25 mai, l’ambassade américaine à Kinshasa a interdit à ses citoyens de se rendre au Nord-Kivu. Côté congolais, le Gouverneur militaire du Nord-Kivu, le lieutenant-général Constant Ndima, a fermé à 15h00 les frontières avec le Rwanda. Une demi-heure après, le premier ministre Sama Lokonde a convoqué d’urgence une réunion de crise à la Primature.  

Si le M23 a pris l’avantage sur le plan militaire pour forcer les FARDC à arrêter les attaques et se remettre aux décisions qui viendront des travaux en cours à Nairobi, les chancelleries occidentales et régionales, et également la Monusco, pourraient en trouver l’occasion pour s’atteler à faire taire les armes et privilégier le voie des pourparlers.

Une perspective dont l’écueil demeure une armée, les FARDC, qui semble se conduire en pleine autonomie par rapport au pouvoir politique.

Les critiques formulées à son encontre, il y a deux semaines, par le président Félix Tshisekedi Tshilombo, et concernant son implication dans les massacres de l’Est, sont certes paradoxales venant de celui qui est censé en être le commandant suprême. Mais expliquent, au moins en partie, les contradictions du fonctionnement d’un régime qui entame un dialogue avec un groupe d’opposant par décision du chef de l’Etat et en même le fait attaquer par son armée.   

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