ONU / RDC : la Berezina des fauçons

Réunie au soir d’hier, mardi 31 mai, la session du Conseil de Sécurité des Nations unies (CSNU) a conclu ses travaux en appelant les gouvernements du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC) à résoudre « par le dialogue et la confiance » leur contentieux et en invitant le M23 à participer au processus de Nairobi -dont on prône la réactivation-, pour mettre un terme au conflit qui l’oppose au pouvoir de Kinshasa.

Parti à Washington pour réclamer au CSNU une condamnation « sans équivoque et ferme »du Rwanda, accusé d’agression contre la RDC, et du M23, considéré comme un groupe terroriste, le ministre congolais des Affaires étrangères, Christophe Lutundula est rentré les mains vides à Kinshasa. Parmi les membres du Conseil, le Kenya, la Grande-Bretagne et la France en particulier se sont exprimés contre les vœux du diplomate congolais. Pas de condamnation du Rwanda, ni de mise au ban du M23.

Une Berezina pour les faucons du régime qui, dans la tentative d’internationaliser la crise, avaient joué la carte nationaliste et xénophobe et le retour en forces de la haine ethnique contre les communautés rwandophones du pays, indiquées comme l’ « ennemi de l’intérieur » de la Nation menacée par l’expansionnisme de Kigali.

Depuis quelques jours, une minorité très active d’extrémistes, présente surtout dans la diaspora et les deux Kivu, a été chauffée à blanc par la propagande guerrière d’une armée (FARDC), qui se manifeste de plus en plus comme la véritable maîtresse du jeu en RDC.

Face aux appels à porter la guerre en territoire rwandais, les autorités de Kigali, après avoir refusé toute implication dans le conflit entre le gouvernement congolais et le M23, avaient exigé la libération de deux militaires des Forces de défense rwandaises (RDF) qui, selon leur version, avaient été enlevés par les FARDC près de la frontière avec la RDC. « Nous voulons que nos militaires soient libérés. Et tant que la sécurité de notre pays continuera d’être compromise, nous aurons le droit de nous défendre et nous sommes pleinement conscients de nos capacités. Si les attaques continuent nous ne resterons pas inactifs… », avait déclaré Vincent Biruta, ministre rwandais des Affaires étrangères. Il avait auparavant précisé que « Le Rwanda rejette catégoriquement les allégations de la RDC selon lesquelles le Rwanda soutient le M23. C’est infondé et inacceptable. Le Rwanda reste attaché aux efforts bilatéraux, régionaux et internationaux existants pour stabiliser la région».

A la demande du président angolais Joao Laurenço, actuel président au sein de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL), mandaté par son homologue sénégalais Macky Sall, président de l’Union africaine (UA), comme facilitateur dans la crise congo-rwandaise, de libérer les  deux soldats des RDF, le chef de l’Etat de la RDC, Félix Tshisekedi, a accepté de les livrer à leurs autorités.  

La dimension internationale de la crise

Tous ces développements ont été largement commentés par les acteurs impliqués directement dans la crise et par les autres, signe de l’envergure internationale du conflit. Dans sa prochaine livraison, Maelezo Kongo en établira une analyse, envisagée surtout à en « interne » du régime de Kinshasa, où s’agitent nombreuses forces aux agendas différents.

Dans ce contexte, nous nous limitons à reporter les déclarations d’une part de ces acteurs.

Président du M23, Bertrand Bisimwa, s’est dit « satisfait des recommandations des Etats membres du CSNU sur la situation dans l’Est de la RDC  (qui) reflètent sagesse, maturité et bon sens. Le M23 croît fermement à une solution pacifique et retournera à Nairobi pour dialoguer avec nos frères de Kinshasa ».  

La sous-secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique, la ghanéenne Martha Pobee a affirmé : « Nous ne pouvons pas perdre de vue que la violence armée reste répandue dans tout l’est de la RDC. Que ce soit en Ituri, au Sud-Kivu ou dans d’autres parties du Nord-Kivu, une multitude de groupes armés continuent à s’attaquer à la population civile, sapant les efforts pour parvenir à une paix, une stabilité et un développement durables en RDC et dans la région ».

Ambassadeur de l’UE à Kinshasa, Jean-Marc Châtaigner, a exprimé « son soutien à l’UA et aux présidents Macky_Sall et Lourenço de la CIRGL pour leurs efforts d’apaisement des tensions dans l’est RDC. Une action commune et résolue.  Le Processus Nairobi est indispensable pour mettre fin aux attaques et aux exactions des groupes armés ».

La Chine s’est déclarée favorable à la publication d’un communiqué de presse rapide condamnant les attaques dans l’Est de la RDC et exhortant les groupes armés à déposer les armes et à participer au processus politique à Nairobi.

De son côté, le délégué du Brésil, pays membre de la coalition BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), a formulé la critique suivante au gouvernement congolais : «L’état de siège prolongé dans certaines provinces est une source de préoccupations ».

Aucun commentaire n’est pas, pour l’instant, parvenu de la part du président Tshisekedi.

A suivre.   

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.